Pierre-Joseph Redouté — Le Raphaël des fleurs (1759–1840)

Les fleurs qui ont survécu à la Révolution

En 1789, tandis que Paris s'enflammait et que la monarchie française s'effondrait, Pierre-Joseph Redouté peignait tranquillement des fleurs. Il était arrivé à Paris depuis les Ardennes belges une décennie plus tôt, dessinateur autodidacte issu d'une famille de peintres, et avait trouvé sa vocation dans les jardins botaniques et les cabinets d'histoire naturelle qui faisaient de Paris la capitale scientifique du monde.

Il travailla tout au long de la Révolution, de la Terreur, de l'Empire et de la Restauration, peignant des roses et des lys et des orchidées pour une succession de mécènes qui n'étaient d'accord sur presque rien sauf sur la qualité de son travail. Il peignit pour Marie-Antoinette. Il peignit pour l'impératrice Joséphine, dont le jardin de Malmaison contenait la plus grande collection de roses d'Europe. Il enseigna le dessin botanique à la future reine de France. C'était un artiste de la survie au sens le plus littéral — ses fleurs ont survécu aux dynasties qui les avaient commandées.


La technique qui a changé l'art botanique

La prééminence de Redouté reposait sur une innovation technique : le procédé de gravure en pointillé, qu'il maîtrisa et raffina à un degré qu'aucun artiste précédent n'avait atteint. Là où la gravure traditionnelle au trait produisait des illustrations précises mais plates, la gravure en pointillé — construisant le ton par des milliers de minuscules points plutôt que par des lignes hachurées — permettait à Redouté de rendre la translucidité d'un pétale, la profondeur veloutée d'une rose sombre, la dégradation délicate de la couleur là où un lys blanc s'estompe dans le crème.

Son chef-d'œuvre, Les Roses, publié entre 1817 et 1824, contient 169 planches représentant chaque espèce de rose et cultivar alors connu de la science. C'est toujours le catalogue illustré le plus complet de la rose jamais produit, et ses planches sont considérées comme la référence visuelle définitive pour les espèces de roses qui sont depuis disparues ou ont changé au-delà de toute reconnaissance en culture. Il n'a jamais cessé d'être imprimé.


Le peintre royal des fleurs

Redouté porta le titre de Peintre de fleurs — peintre officiel des fleurs — auprès de trois reines successives de France : Marie-Antoinette, Marie-Joséphine de Bourbon et Marie-Amélie d'Orléans. Ce n'était pas une position purement honorifique : elle s'accompagnait d'un atelier, d'un revenu, d'un accès aux collections royales, et de l'obligation de produire des œuvres qui représenteraient le goût et la culture de la cour de France.

Son autre grande publication, Les Liliacées, publiée entre 1802 et 1816, comprenait huit volumes et 486 planches couvrant toute la famille des lys telle qu'on la comprenait alors — une entreprise monumentale qui s'appuyait sur des spécimens du Jardin des Plantes, de Malmaison de l'impératrice Joséphine et d'expéditions botaniques sur trois continents.


Collections et héritage

Les aquarelles originales de Redouté sont conservées principalement à la Bibliothèque centrale du Muséum national d'Histoire naturelle à Paris, qui possède la plus grande collection individuelle. La Bibliothèque nationale de France, les Jardins botaniques royaux de Kew et le Hunt Institute for Botanical Documentation de l'Université Carnegie Mellon détiennent également des collections importantes.


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